Sept étapes, des centaines de kilomètres de falaises blanches, et une région qui n’a pas fini de vous surprendre. Bienvenue sur la Côte d’Albâtre.
Jour 1 — Le Havre, la renaissance
Commencez votre road trip par Le Havre, ville paradoxale et fascinante. La plus détruite de France pendant la Seconde Guerre mondiale s’est réinventée sous la direction de l’architecte Auguste Perret en un chef-d’œuvre de modernité, aujourd’hui classé à l’UNESCO. Flânez sur le front de mer, attablez-vous dans un restaurant de fruits de mer, et laissez-vous emporter par l’effervescence culturelle de la ville — surtout en été, quand Un Été au Havre transforme la cité en grand festival à ciel ouvert.
Jour 2 — Étretat, le joyau des falaises
À une heure de route vers le nord-est, Étretat est sans doute le nom qui résonne le plus sur la côte. Et pour cause : ses arches et aiguilles calcaires ont hanté les pinceaux de Monet, Courbet, Delacroix et Boudin. Descendez sur la plage de galets pour admirer la falaise d’Aval et son étonnant tunnel naturel, le Trou, qui relie deux plages. En remontant dans le bourg, ne manquez pas le Clos Lupin, maison de l’écrivain Maurice Leblanc, père d’Arsène Lupin, ni les Jardins d’Étretat perchés sur les hauteurs. Finissez la journée à la Chapelle Notre-Dame-de-la-Garde pour un coucher de soleil inoubliable sur les falaises.
Jour 3 — Fécamp, entre spirituel et maritime
En continuant vers le nord, Fécamp s’impose comme une étape de caractère. Ancienne résidence des Ducs de Normandie, la ville affiche une personnalité bien trempée, symbolisée par ses deux phares encadrant un port pittoresque. Réservez une matinée à l’abbatiale de la Sainte-Trinité, puis plongez dans l’univers fascinant du Palais Bénédictine, avec sa collection d’art religieux des XVe et XVIe siècles. L’après-midi, le musée des Pêcheries raconte l’âme maritime de la ville. Le soir, installez-vous sur les quais et laissez venir la nuit.
Jour 4 — Saint-Valéry-en-Caux, escale authentique
Petite étape, grande surprise. Saint-Valéry-en-Caux séduit par son port de pêche devenu port de plaisance, ses étals de produits frais et ses falaises vertigineuses depuis lesquelles un mémorial rend hommage à la 51e Highland Division. En chemin vers le phare, cherchez la Maison Henri IV, bijou d’architecture en bois à la façade sculptée de figures exotiques. Le soir, si les conditions le permettent, les activités nautiques et la plage offrent un avant-goût de dolce vita normande.
Jour 5 — Quiberville et Varengeville, entre mer et campagne
Les dernières étapes avant Dieppe et Le Tréport invitent à ralentir. À Quiberville-sur-Mer, labellisée station verte, empruntez la Véloroute du Lin à travers les champs qui font la renommée de la région, ou partez à pied sur le GR21 jusqu’au Phare d’Ailly. Ensuite découvrez Varengeville la magnifique, avec son cimetière marin et recueillez-vous sur la tombe de Georges Braque, puis continuez ce détour culturel en visitant le musée Michel Ciry.
Jour 6 — Dieppe, la grande dame
Dieppe n’est pas une étape parmi d’autres : considérée comme l’une des premières stations balnéaires de France, elle rayonne d’une énergie rare sur la côte. Ses quatre ports — plaisance, commerce, pêche et liaisons transmanche — lui donnent une vitalité que l’on ressent dès les quais. Remontez jusqu’à l’ancien château fort pour embrasser la baie du regard, puis descendez flâner sur la grande esplanade gazonnée. À table, les coquilles Saint-Jacques et les harengs sont incontournables — et si vous avez la chance de venir en novembre, la fête de la hareng transforme la ville en célébration haute en couleur.
Jour 7 — Le Tréport, le grand final
Dernière ville normande avant la Somme, Le Tréport conclut ce road trip en beauté. Turner lui-même en était tombé amoureux, et l’on comprend pourquoi : les quais animés, le quartier pittoresque des Cordiers et les falaises qui dominent la baie composent un tableau saisissant. Pour couronner le tout, montez à bord du funiculaire — il vous hissera à 150 mètres d’altitude en quelques minutes, pour une vue panoramique sur la baie qui grave définitivement la Côte d’Albâtre dans les mémoires.






