Entre Duclair et Notre-Dame-de-Bliquetuit, ce petit bout de campagne, logé dans l’une des boucles de la Seine, libère toutes ses promesses dès l’arrivée du printemps. La route des fruits du parc régional des Boucles de la Seine Normande, c’est l’itinéraire aux senteurs et saveurs à portée de main.
La Route des Fruits en Normandie : une balade qui sent bon le printemps
Entre Duclair et Notre-Dame-de-Bliquetuit, nichée dans l’une des jolies boucles de la Seine, il y a cette petite route qui, dès les premiers beaux jours, se transforme en un vrai paradis. On parle de la Route des Fruits du Parc Régional des Boucles de la Seine Normande — et croyez-moi, elle mérite largement le détour.
La floraison, un spectacle à ne pas rater
Tout commence dès la fin de l’hiver avec les pruniers, qui ouvrent le bal avec leurs délicates fleurs blanches. Puis viennent les poiriers, les cerisiers… et enfin, les stars de la saison : les pommiers. Leur floraison s’étale sur pas moins de deux mois (avril-mai), sublimée par la lumière si particulière de la vallée de la Seine. On comprend mieux pourquoi les impressionnistes étaient si fans de ces paysages normands !
Les vergers s’enchaînent sur une soixantaine de kilomètres, et leur emplacement au bord de la Seine n’est pas un hasard : les falaises de craie blanche réfléchissent la lumière et la chaleur, créant un vrai microclimat idéal pour les fruits.
La vente à la barrière : une tradition bien normande
C’est LE truc qu’on adore sur cette route ! Dès le début des récoltes, les producteurs vendent leurs fruits directement à la ferme ou sur les marchés. Mais la vraie originalité — surtout autour de Jumièges — c’est la vente à la barrière. Des petits étals colorés sous leurs parasols bordent les bords de Seine tout au long du chemin.
Le réflexe à adopter : garez-vous sur le bas-côté et faites le plein de fraises, groseilles, cassis, framboises, cerises, prunes, poires, pommes ou confitures. 100 % local, 100 % savoureux.
Jumièges : bien plus qu’un joli village
Jumièges, c’est d’abord la réputation de ses vestiges d’abbaye, fondée au VIIe siècle. Mais le village réserve aussi d’autres belles surprises : l’église Saint-Vincent, des équipements de loisirs (base nautique, golf), de bons restaurants et plein d’hébergements pour prolonger l’escapade. Et bien sûr, des balades à pied ou à vélo au milieu des vergers et le long de la Seine.
Une histoire méconnue, mais bouleversante
Au cimetière de Jumièges, deux tombes régulièrement fleuries attirent l’attention. Celles de William James Clarke et Horace Tongue. Ces deux jeunes soldats britanniques participaient au débarquement de Normandie en 1944. Le 2 septembre, leur bataillon traverse la Seine à bord de petits bateaux d’assaut. Une embarcation chavire à 30 mètres de la rive. Alourdie par l’équipement militaire, quatorze soldats se noient. Une tragédie dans la tragédie, presque oubliée de l’Histoire. Leurs tombes à Jumièges, elles, n’ont pas été oubliées.
L’Abbaye de Jumièges : la plus belle ruine de France ?
C’est Victor Hugo lui-même qui l’aurait qualifiée ainsi — et difficile de lui donner tort. L’abbaye Saint-Pierre de Jumièges, fondée en 654 par Saint Philibert, a inspiré des peintres comme Fragonard ou Turner, et continue de subjuguer ses visiteurs, des siècles plus tard.
Elle se visite à ciel ouvert, ce qui lui donne un charme fou. Pour aller plus loin, téléchargez l’appli du Département ou louez une tablette numérique sur place : vous verrez l’abbaye reconstituée telle qu’elle était à son apogée. Dans son parc de 15 hectares, prenez le temps de flâner entre la porterie, le cloître, l’abbatiale Notre-Dame, l’église Saint-Pierre et le logis abbatial, qui accueille de belles expositions en saison.






