À 7 km de Sainte-Mère-Église, au cœur des terres du Cotentin, se cache un monument que beaucoup de gens longent sans vraiment s’y arrêter. Et pourtant, la batterie d’Azeville, c’est une plongée vertigineuse dans l’Histoire, celle du Mur de l’Atlantique, du Débarquement, et d’un village d’une centaine d’habitants qui s’est retrouvé, du jour au lendemain, transformé en forteresse nazie.
Un village réquisitionné, une position stratégique
En 1942, l’armée allemande jette son dévolu sur la petite commune d’Azeville. Pas un hasard : située à 4 km de la plage et invisible depuis la mer, elle offre une position de contrôle idéale. Depuis l’intérieur des terres, ses canons français de 105 mm « Schneider » et ses 170 soldats pouvaient surveiller près de 25 km de littoral, de la baie des Veys jusqu’à Saint-Vaast-la-Hougue.
La batterie d’Azeville est même l’un des tout premiers ouvrages du Mur de l’Atlantique construits en France — ce système défensif côtier de plus de 4 000 km qu’Hitler avait ordonné d’ériger pour empêcher un débarquement allié. Deux autres batteries, Crisbecq et Varreville, complétaient le dispositif dans le secteur.
Deux ans et demi pour construire, trois jours pour détruire
Le chantier fut colossal. Des centaines d’ouvriers — allemands, français, et des prisonniers de guerre russes — ont travaillé pendant deux ans et demi pour sortir de terre :
– Quatre casemates en béton armé pour protéger les pièces d’artillerie
– 800 mètres de galeries souterraines
Et tout cela détruit en partie en… seulement trois jours et demi. L’écart entre le temps de construire et celui de détruire dit tout de la brutalité de la guerre.
La nuit du 5 au 6 juin 1944 : ça commence par erreur
Dans la nuit précédant le Débarquement, un groupe de parachutistes américains atterrit par erreur sur la batterie. Le ton est donné. Dès les premières heures du 6 juin, la batterie entre en action contre les troupes qui débarquent sur Utah Beach. Avec ses canons capables de frapper à 12 km de distance, elle ralentit considérablement la progression alliée.
Il faudra attendre le 9 juin pour que la batterie soit enfin prise, contournée, puis neutralisée au lance-flammes. Trois jours de résistance acharnée, à deux pas de la mer.
Aujourd’hui : 300 mètres sous terre et des frissons garantis
La batterie d’Azeville se visite, et franchement, ça vaut le détour. En visite guidée ou avec un audioguide, on explore deux casemates, dont une reconstituée avec des techniques de camouflage particulièrement fidèles, et on parcourt 300 mètres de souterrains.
C’est une immersion rare, qui ne se contente pas de parler de stratégie militaire. On y découvre aussi la vie quotidienne de la garnison allemande, la communication entre les troupes d’occupation… et les témoignages des habitants d’Azeville eux-mêmes, qui hébergeaient parfois ces soldats dans leurs fermes et maisons réquisitionnées. Une cohabitation forcée, troublante, dont la mémoire mérite d’être préservée.
Batterie d’Azeville
La Rue Lieu-dit
50310 Azeville
Tél. : 02 33 40 63 05
www.batterie-azeville.manche.fr
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